Double feu vert et première avancée concrète sur la voie d'un nouveau réseau numérique en fibre optique et, plus loin, d'un réseau national unique. La planche de Tim, comme prévu, a approuvé l'accord avec le fonds KKR. FiberCop est né, la nouvelle société qui se verra attribuer le réseau secondaire en cuivre (des armoires de rue aux habitations) propriété du groupe téléphonique. Il se répercutera également sur la société le réseau fibre de FlashFiber, la joint-venture entre Tim (80%) et Fastweb (20%). Aussi Tiscali qui a signé un protocole d'accord ces derniers jours, participera à l'accord qui devrait être conclu au cours des trois premiers mois de 2021.
Mais les projecteurs des investisseurs, qui ont récompensé l'action Telecom Italia dans la journée puis sont repassés sous les 40 points de base à la fin, étaient tous braqués sur le feu vert que les conseils d'administration de Tim d'une part et CDP d'autre part, ils donnaient au protocole d'accord qui conduira FiberCop à fusionner avec Open Fiber, donner vie au futur réseau national unique.
C'est une étape qui était anticipée par le feu vert du gouvernement ces derniers jours, après l'arrêt irrégulier arrivé le 4 août au conseil d'administration de Tim dans le processus d'approbation de l'accord avec KKR. Un arrêt nécessaire justement pour se concentrer sur les fondations sur lesquelles porter le projet de réseau national unique et concilier la demande de Tim de contrôler la société à créer à 50,1%, avec la nécessité de garantir une gouvernance de nature à assurer l'indépendance de la newco et l'équité d'accès à tous les opérateurs, comme l'a récemment demandé Vodafone, Wind Tre et Sky. Une exigence "cruciale" non seulement pour impliquer les concurrents de Tim mais aussi pour obtenir le feu vert de l'Antitrust européen, une démarche qui n'est pas du tout évidente.
FIBERCOP ET L'ACCORD AVEC KKR ET FASTWEB
TIM a accepté l'offre ferme de 1,8 milliard d'euros de KKR Infrastructure – explique le communiqué diffusé par la société lundi soir – qui va acquérir 37,5% de FiberCop, sur la base d'une valeur d'entreprise d'environ 7,7 milliards d'euros (dont 4,7 milliards d'euros en fonds propres, le reste en dette), tandis que Fastweb détiendra 4,5% de FiberCop suite à l'apport des 20% actuellement détenus dans FlashFiber. Tim contrôlera 58% de la nouvelle société grâce à laquelle il compte accélérer la transformation du dernier kilomètre du réseau à clé numérique. Le groupe a souligné que FiberCop utilisera le réseau de fibre FlashFiber et vise à atteindre 2025% des unités immobilières dans les zones grises et noires (c'est-à-dire les zones intermédiaires et entièrement marchandes) d'ici 76. Dans les zones blanches (celles où le trafic ne garantit pas les retours aux opérateurs et l'Etat intervient) nous poursuivrons les chantiers déjà entamés.
Enfin FiberCop sera une entreprise allégée avec 100 employés, selon les prévisions des actionnaires, aura un EBITDA d'environ 0,9 milliard d'euros et un EBITDA - CAPEX positif à partir de 2025 et ne nécessitera pas d'injections de capital par les actionnaires, conclut le communiqué de Tim.
FIBERCOP ET LE NOUVEAU RÉSEAU UNIQUE AVEC LA FIBRE OUVERTE
L'accord conclu avec KKR soulagera la dette de Tim et vise à accélérer la numérisation du dernier kilomètre du réseau en fibre optique 1 Giga. C'est aussi le premier morceau, souligne Tim, couplet le nouveau projet de réseau national unique (AccessCo) qui résultera de la fusion de FiberCop et Open Fiber, la joint-venture 50-50 entre Enel et Cassa depositi e prestiti qui progresse avec un réseau exclusivement fibre en Italie. Tout comme Tim a donné son feu vert au mémorandum avec le Cdp, au même moment, le conseil d'administration du Cdp a pris la même décision. Avant la fusion, Tim devrait transférer son réseau d'accès principal (fibre optique des centraux aux armoires de rue) au nouvel AccessCo qu'il contrôlera avec au moins 50,1% tandis que Cdp Equity garantira l'indépendance et l'ouverture du réseau. Les communiqués ne précisent pas comment cela sera assuré, mais il est question de confier la présidence de la société à Tim et le directeur général à Cdp Equity. Là la due diligence est attendue en fin d'année et l'accord de fusion au plus tard au premier trimestre 2021. A condition que l'entreprise reçoive le feu vert de l'Antitrust européen. L'entreprise sera ouverte au co-investissement par d'autres opérateurs.
La voie vers le nouveau réseau unique semble ainsi lancée, après tant d'années de discussions, mais il reste encore de nombreuses étapes complexes et pas du tout évidentes à franchir, au point de susciter la perplexité d'experts tels que Franco Bernabè, ancien PDG de Tim et aujourd'hui président de Cellnex, qui a exprimé plus d'un doute dans une interview à Repubblica sur la commodité de l'opération au point où elle a été atteinte. Un accord commercial entre Tim et Open Fiber ou un accord de co-investissement dans les domaines les plus critiques est jugé moins coûteux et plus efficace.
D'un avis différent Fabrizio Palermo, PDG du Cdp, qui souligne à quel point l'engagement du groupe public "dans ce dossier a été maximal". Pour CDP, il s'agit de garantir la présence d'un partenaire stratégique avec une perspective à long terme pour le projet. «Avec le soutien des actionnaires – a-t-il ajouté – nous avons tracé la voie qui, après approbation par les autorités de régulation et de contrôle, nous permettra de créer un réseau TLC de dernière génération, nécessaire à la compétitivité du pays et cruciale pour la relance de l'économie. Dans ce contexte, la Fibre Ouverte continue de jouer un rôle fondamental pour CDP qui se consolidera de plus en plus dans la voie de la création du réseau unique ». Pour le président du CDP, Giovanni Gorno Tempini de plus, l'exploitation du réseau unique est "nécessaire pour combler la fracture numérique sur l'ensemble du territoire national dans une perspective de système et pour contribuer au développement du pays". Dans l'attente de la fusion FiberCop-OF, le CDP "reste fortement engagé dans la mise en œuvre du business plan Open Fiber".
