Grandes manœuvres pour les groupes énergétiques italiens : d'une part Enel cède en bloc ses activités de production d'électricité en Russie ; de l'autre, Erg ouvre son capital à un fonds australien.
Enel quitte la Russie et récolte 137 millions
Commençons par la société dirigée par Francesco Starace, qui a annoncé jeudi avoir a vendu la totalité de la participation détenue dans Enel Russie, égal à 56,43 % du capital social, pour un montant total égal à environ 137 millions d'euros qui sera payé à la clôture. Dans le détail, deux accords ont été signés : un avec PJSC Lukoil et un avec le Fonds Commun de Placement Combiné Fermé "Gazprombank-Frezia".
Avec cette opération, une note indique, Enel conclut la vente d'actifs de production d'électricité en Russie (démarrée en 2019 avec la première cession d'actifs au charbon), qui comprend environ 5,6 GW de capacité conventionnelle et environ 300 MW de capacité éolienne à différents stades de développement. Cette cession s'inscrit dans l'objectif stratégique du groupe de concentrer ses activités prioritairement dans les pays où une position intégrée le long de la chaîne de valeur peut tirer la croissance et améliorer la création de valeur en exploitant les opportunités offertes par la transition énergétique.
Enel, rapporte la société, "a en tout cas déjà adopté ou promu certaines mesures qui ont conduit à l'arrêt de la gestion et de la coordination vis-à-vis d'Enel Russie".
Au niveau comptable, l'effet de la perte de contrôle sur Enel Russie devrait produire un effet positif sur la dette financière nette résultat consolidé du groupe Enel pour environ 550 millions d'euros e un impact négatif sur le résultat net part du groupe publié d'environ 1,3 milliard d'euros, principalement du fait de la libération de la réserve de conversion, pour environ 1,1 milliard d'euros au 31 mai 2022. Cet effet comptable n'aura pas aucun impact sur les résultats économiques ordinaires.
La finalisation de la transaction, attendue d'ici la fin du troisième trimestre de cette année, est soumise à la réalisation de certaines conditions suspensives, notamment la publication de l'autorisation par la Commission gouvernementale russe de surveillance des investissements étrangers et par le Service fédéral antimonopole russe .
Erg : les Australiens paient un milliard pour 22%
En ce qui concerne erg, le fonds australien Ifm entrera avec 35% dans une nouvelle holding avec la famille Garrone, une société holding qu'elle détiendra à son tour environ 62,5% Erg. L'investissement d'Ifm dépasse un milliard d'euros et offre une option pour plus 500 millions de capital pour soutenir la croissance de l'Erg, selon le objectifs stratégiques annoncés par l'entreprise en mars.
Une fois cette opération terminée, San Quirico, holding de la famille Garrone-Mondini, gardera le contrôle Erg et par conséquent aucune offre publique d'achat ou radiation de la société n'est envisagée. Le partenariat "permettra à l'entreprise de libérer un potentiel de croissance supplémentaire sur la base des objectifs ambitieux de décarbonation fixés par les gouvernements et les institutions à l'échelle mondiale", explique le communiqué.
San Quirico et IFM "sont fortement alignés sur les objectifs stratégiques définis dans le plan d'affaires d'Erg présenté en mars 2022 et soutiendront le PDG d'Erg et son équipe de direction élargie pour assurer la réalisation de ces objectifs".
"Ifm apportera une large empreinte internationale qui va bien au-delà de l'Europe ainsi qu'un solide soutien financier à long terme, pour permettre à Erg de poursuivre une croissance plus rapide, plus large et plus diversifiée", commente Edoardo Garrone, président de San Quirico et Erg.
