Deux poids et deux mesures. Ils réagissent donc en Amérique du Sud à ce qui se passe en Europe, où le protestations des agriculteurs ils ont amené la Commission européenne, qui avait déjà modifié les accords en janvier PAC (Politique Agricole Commune) 2023-2027, dispensant les producteurs du respect de certaines règles pour accéder au 300 milliards d'euros de subventions totales, de faire un nouveau pas en arrière en renonçant à l'objectif de réduire à 30 % les émissions de CO2 liées à l'agriculture d'ici 2024, et à celui de limiter l'usage des pesticides d'ici 2030 (sous la pression surtout de la France, qui a déjà de son côté avait décidé de le reporter à une autre date).
Qu'ont à voir avec ces mesures, qui ne semblent être qu'une "dérogation temporaire", comme a tenu à le souligner le commissaire européen à l'Agriculture Janusz Wojciechowski, avec L'Amérique latine? Beaucoup, car les politiques agricoles et surtout environnementales sont au centre des préoccupations.l'accord UE-Mercosur, prêt depuis des années mais qui peine à décoller en raison des doutes mutuels, notamment ceux du président français Emmanuel Macron qui a opposé son veto à un accord qui semblait être dans la dernière ligne droite et qui, au contraire, surtout après les derniers développements sur le Vieux Continent, semble de plus en plus lointain.
Mercosur : les raisons de l’impasse
Les raisons officielles de l'impasse sont, pour notre part, que les pays d'Amérique du Sud et notamment le Brésil ne sont pas en mesure de respecter les contraintes vertes et de protéger dûment le la forêt Amazonienne, qui est en revanche en train d'être déboisée à un rythme effrayant (un peu moins depuis le retour de Lula, mais on n'est pas très loin du point de non-retour) pour faire place aux élevage bovin et cultures de soja, une matière première de plus en plus demandée et dont le Brésil est désormais de loin le premier exportateur mondial, avec 100 millions de tonnes vendues à l'étranger en 2023, notamment vers Chine mais aussi de l'Europe elle-même, qui en produit moins de 10 % et pourtant en a besoin. Tout comme l'Union a besoin de fruits, de sucre, de café, de cellulose, de tabac, quelques-uns des produits dont l'Amérique du Sud et surtout le Brésil sont les principaux producteurs et exportateurs au niveau mondial.
Agriculteurs : des doubles standards de la part de l’UE ?
Cependant, ils soulignent que de l'autre côté de l'océan, et pour cause, même si les positions de Lula sont ambiguës et que le sommet amazonien de Belém en août dernier a effectivement abouti à un accord très décevant sur les politiques climatiques, que règles imposées aux producteurs agricoles Les cultures latino-américaines viennent d'être accordées par la Commission européenne aux agriculteurs européens, qui sont désormais exemptés de l'interdiction d'étendre leurs cultures et de l'obligation qui en résulte de laisser une partie des terres dans leur état naturel.
L'Europe prétend que ces les exemptions sont temporaires et dicté par des raisons exceptionnelles telles que des phénomènes météorologiques extrêmes, la sécheresse, les incendies, l'inflation, l'augmentation du coût de l'énergie due également à la guerre en Ukraine. Tout cela est vrai, mais ensuite, disent-ils à l’autre bout du monde, il faudrait aussi les assouplir. les règles imposées aux collègues de l’hémisphère Sud, et donc réécrit un accord entre l'UE et le Mercosur qui serait ainsi un peu hypocrite et accusable de greenwashing. Aussi parce qu'entre-temps, l'Union européenne a déjà lancé unilatéralement son propre réglementation contre la déforestation, qui sera pleinement imposée aux partenaires commerciaux à partir du 30 décembre 2024 et qui prévoit une interdiction d'importer de la viande bovine, du cacao, du café, de l'huile de palme, du soja, du bois et de tous dérivés des matières premières mentionnées, s'ils ont été obtenus par déforestation d'espaces verts et si aucune diligence raisonnable sur l'origine des produits n'est attachée. Certains experts soulignent dans une intervention spécifique sur la Folha de Sao Paulo qu'avant même l'accord UE-Mercosur, il existe des règles de l'OMC, l'Organisation mondiale du commerce, qui établissent que les produits d'origine étrangère doivent recevoir, sur le territoire de Pays importateur, traitement non moins favorable que celui réservé aux produits locaux.
Interviewé par le journal financier brésilien Valeur économique, le célèbre agronome Domingos Carvalho il en parle même « Miracle brésilien » et de l'Europe "qui a peur de la compétitivité croissante de l'agriculture brésilienne", qui a en fait connu un essor au cours des dernières décennies, comme le montre déjà écrit sur FIRSTonline. L'expert rappelle que le Brésil est en train de devenir la ferme du monde utilisant seulement 7,8% de son territoire, et que la productivité pourra continuer à croître sans déforester un pouce de l'Amazonie mais "en exploitant zones improductives et dégradées des pâturages qui, grâce au climat favorable et aux nombreux bassins d'eau, peuvent être récupérés et valorisés".
Carvalho se réfère avant tout au Fermé, mais oublions que c'est une vaste savane tropicale qui garde en réalité le la plus grande biodiversité au monde, puisqu'elle compte plus de 6 800 espèces d'arbres et 2.133 espèces d'oiseaux, et qui est déboisée à des rythmes encore pires que ceux de l'Amazonie : elle a diminué de 2023 2021 km² au premier trimestre XNUMX, soit presque le double par rapport à janvier- Avril XNUMX Alors, qui a raison ?
