Des missiles financiers volent dans le ciel de Moscou. Les titres de boyards proches du président Poutine paient un lourd tribut aux sanctions américaines. Mais la Russie, grande puissance militaire, a un petit poids sur le plan économique, certes secondaire par rapport aux deux poids lourds que sont la Chine et les USA.
Cette fois, c'est le président Xi Jingping qui a donné l'impulsion aux marchés. Le numéro un de Pékin, dans un discours au sommet de Boao dédié à la célébration de l'anniversaire du redressement économique de Deng Xiaoping, point de départ de la formidable ascension de la Chine, a annoncé de nouvelles ouvertures du marché intérieur, notamment la suppression des droits de douane sur les importations d'automobiles, l'abaissement des limites aux investissements étrangers en Chine, ainsi que l'alignement du système chinois sur les normes commerciales et financières internationales.
La décision de Pékin, qui neutralise en partie les craintes d'une éventuelle dévaluation compétitive du yuan, a électrisé les bourses et les matières premières asiatiques.
Tokyo progresse de 1,1% portée par les valeurs automobiles : Toyota +1,9%, Honda +2,1%. Les listes chinoises (+0,7%), Hong Kong (+1,1%) et Corée du Sud (+0,2%) sont également en hausse.
Les matières premières ont également augmenté dans le sillage de Xi. Le pétrole Brent se négocie à 69 dollars le baril, en hausse de 0,5 %, gagnant plus de 2 % hier. Eni monte de +0,7% à Piazza Affari. Saipem en baisse de -2% après les objections de la Consob à l'augmentation de capital de 2016.
La séance à Wall Street a été beaucoup plus agitée. Le marché a clôturé en hausse mais la plupart des gains accumulés durant la séance se sont évanouis dans la dernière heure : Dow Jones +0,2%, S&P500 +0,3%, Nasdaq +0,5%.
La nouvelle de la perquisition du studio de Michael Cohen, l'avocat personnel de Donald Trump impliqué dans l'accord de confidentialité avec la star du porno Stormy Daniels, a ralenti la course aux tarifs (en tout cas Apple et le secteur pharma étaient en évidence). La perquisition des bureaux de Cohen a été déclenchée sur les instructions du procureur spécial Robert Mueller, le superpolicier menant l'enquête du Russiagate. Le Washington Post a rapporté ce soir que Cohen ferait l'objet d'une enquête pour fraude bancaire et violations du financement de campagne.
Parmi les événements clés de la journée figurait le témoignage/procès de Mark Zuckerberg au Congrès. Hier, le créateur de Facebook (+0,46%) a entamé son témoignage devant quelques députés à huis clos. Aujourd'hui, ce sera la scène du repentir public pour "avoir sérieusement sous-estimé" les risques de violation de la vie privée. En plus, bien sûr, des mesures que Zuckerberg entend prendre pour protéger les utilisateurs. A commencer par la suspension de CubeQ, émule de Cambridge Analityca, également actif à Milan.
MILAN ET MADRID EN TÊTE DE L'EUROPE
Début de semaine financière européenne prudent, malgré le coup de pouce apporté par le redressement de Deutsche Bank. Pour l'instant, après tout, la performance des Bourses ne perturbe certainement pas le sommeil des banquiers : « Les risques se sont matérialisés sur les marchés boursiers mondiaux au début de 2018, pour l'instant ils n'ont pas eu de répercussions significatives sur le marché du crédit et donc sur les conditions générales des finances ». Ainsi hier Mario Draghi à l'occasion de la présentation du bilan annuel de la BCE.
Milan +0,54%, à 23.054 0,6 (record depuis février) partage le record du jour dans la zone euro avec Madrid +XNUMX%.
Les autres barèmes de la zone euro sont légèrement au-dessus de la parité, également freinés par le renforcement de l'euro/dollar au-dessus de 1,23. Paris +0,10 paie les ventes automobiles : Renault en baisse de 2,5%, Peugeot -1,1%.
Francfort +0,17% : un rapport positif d'UBS a au contraire permis à Lufthansa de grimper de 1,2% au jour de l'annonce d'une grève déclenchée demain par les syndicats Verts dans les aéroports de Francfort, Munich, Cologne et Brême avec l'annulation d'environ 800 vols.
Faible Zurich (+0,19%). Novartis de Suisse a conclu un accord pour acheter AveXis dans le cadre d'une transaction en espèces de 8,7 milliards de dollars, se renforçant dans la thérapie génique et enrichissant le portefeuille avec un traitement pour une maladie rare.
Londres +0,10 %. Heavy Glencore (-3,4%), handicapé par la participation dans Rusal, l'un des groupes russes ciblés par Washington.
MOSCOU TOMBE, LES BOYARDS BRÛLENT 11,7 MILLIARDS
Les effets des prochaines sanctions américaines sur la Bourse de Moscou sont très graves -11,4 % (en dollars -10,7 %) : selon Forbes, les 50 hommes les plus riches de Russie ont brûlé 11,7 milliards de dollars. Parmi les entreprises les plus durement touchées liées au roi de l'aluminium Oleg Deripaska : La valeur de Rusal et En+ a chuté de près d'un quart, soit 1,3 milliard de dollars. Le rouble est repassé au-dessus de 60 pour un dollar, son plus haut niveau depuis novembre 2017, et le seuil de 74 pour un euro, son plus haut niveau depuis l'été 2016.
La confiance des investisseurs dans la zone euro s'est détériorée pour le troisième mois consécutif en avril, impactée par les craintes d'un ralentissement de la croissance mondiale en raison de l'escalade des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine. L'indice Sentix a chuté ce mois-ci à 19,6 contre 24,0 en mars.
LA PROPAGATION CHUTE, 9,25 MILLIARDS DE BTP AUX ENCHÈRES
Outre la cotation des actions sur la Piazza Affari, le marché obligataire italien brille également seul dans une séance aux volumes limités où a prévalu un certain appétit pour le risque dont l'Italie a plus profité que les autres pays périphériques.
L'écart de rendement entre le BTP et le Bund sur le segment 10 ans s'établit à 127 points de base, au plus bas depuis mi-février, contre 129 en fin de séance de vendredi, alors que le taux 1,78 ans évolue peu par rapport à 1,77% de la dernière clôture, s'échangeant à XNUMX %.
Les distances avec les Bonos espagnols sont également réduites. L'écart de rendement entre le BTP et le Bono à dix ans est tombé à environ 55 points de base, le plus bas depuis début mars.
Lors de l'adjudication moyen-long du 12 avril, le Trésor mettra à disposition des investisseurs entre 7,25 et 9,25 milliards dans le nouveau BTP 3 ans et dans la réouverture des BTP 7, 20 et 30 ans. En particulier, entre 3,5 et 4 milliards seront offerts dans le nouveau BTP 3 ans (échéance avril 2021), coupon 0,05%. Par ailleurs, Via XX Settembre mettra à la disposition des investisseurs entre 2 et 2,5 milliards de BTP à 7 ans (mai 2025), entre 750 millions et 1,25 milliard de BTP à 20 ans (septembre 2038) et 1 à 1,5 milliard de BTP 30 ans (mars 2048).
TELECOM ITALIA : ELLIOTT AVANCE, LE CA ÉCLABOUSSE, ASSOGESTIONI S'ABSTENIT
Telecom Italia clôture en légère hausse de +0,12%, mais avec des volumes solides, égaux à 2,55% du capital social ordinaire, alors que le clash entre conseil d'administration et collège des commissaires aux comptes s'intensifie. Le conseil a décidé à la majorité (contre l'avis des indépendants) de poursuivre le collège qui a décidé d'intégrer l'ordre du jour de la réunion du 24 avril. Cependant, le rapport de force entre Vivendi et Elliott tourne en faveur du fonds américain qui monte à 8,8% du capital avec des options d'achat de 4,9% supplémentaires à 13,73%.
Par ailleurs, au sujet des nominations, les proxy advisors ISS et Frontis Governance proposent de voter en faveur des six administrateurs proposés par le fonds Elliott lors de l'assemblée générale du 24 avril. La décision d'Assogestioni de ne pas présenter sa propre liste de candidats pour le meeting du 4 mai pourrait aussi être décisive. Cependant, il est peu probable qu'en cas de défaite, Bolloré jette l'éponge aussi car la valeur de son forfait, égale à 23,9 %, est aujourd'hui bien inférieure au prix initial (1,08 euro). D'où la perspective que Vivendi entende peser sa part dans tous les cas. Les fonds internationaux, au capital de 58%, penchent en tout cas pour le plan présenté par Elliott qui prévoit le spin-off du Network (en vue de l'entrée d'Open Fiber souhaitée par CDP) et Sparkle dont un Une valeur de 7 milliards pourrait émerger, suffisante pour réduire l'endettement, porter l'action à 1,6 euro et permettre un retour au dividende.
LA DEUTSCHE BANK REMET LES CHARGES AUX BANQUES ITALIENNES
Journée haussière pour le secteur bancaire européen, galvanisé par le revirement de dimanche de Deutsche Bank. L'institut a nommé Christian Sewing, spécialiste du commerce de détail, au poste de PDG, qui remplace avec effet immédiat John Cryan, dont le mandat expirerait en 2020. Après un démarrage euphorique (+3%), l'action de la banque a ralenti, clôturant à +0,76%.
Le panier des banques italiennes a gagné 0,6 %, sensiblement en ligne avec le secteur européen. Sur la liste milanaise, les anciens populaires sont forts : Banco Bpm +1,56%, Ubi +0,89% et Bper +1,51%. A contre-courant, le MPS perd 3,41%.
La course de Creval continue (+2,4%). Les analystes apprécient l'accord que le groupe a signé avec Algebris Investments pour la cession d'un portefeuille composé de créances douteuses garanties.
Dans une analyse des banques d'Europe du Sud, Mediobanca Securities décrit une "image constructive" sur le processus de réduction des risques pour les banques de la zone, également grâce à un contexte macro favorable et à l'évitement du risque réglementaire. L'objectif, vu comme un "mirage", d'un ratio Npa de 10% est à portée, ajoute le courtier qui, au sein de la zone analysée, maintient une position surpondérée sur l'Italie où UniCredit, Ubi, Bper et Credem sont les favoris.
Depuis le 10er janvier, l'indice des banques italiennes a gagné 2,2% et surperforme nettement le reste de l'Europe (indice Eurostoxx Banks -XNUMX%) malgré la situation d'incertitude persistante dans le cadre politique domestique.
Parmi les autres financières, Generali +1%. La part d'Edizione, la société financière de la famille Benetton, a dépassé les 3% du capital, atteignant 3,05%, selon les rumeurs elle pourrait encore monter.
FinecoBank (+0,3%) a levé 638 millions d'euros en mars, dont 330 millions d'actifs sous gestion. Acquisition de 9.299 XNUMX nouveaux clients.
MONCLER AU PLUS HAUT, FERRAGAMO EN ROUGE
Marché du luxe contrasté en attendant l'arrivée des comptes Lvmh. En rouge Ferragamo (-2%), parmi les pires blue chips. BNP Paribas a abaissé le cours cible de 18 euros à 21 euros, abaissant la note de Neutre à Underperform.
Au contraire, Moncler a établi un nouveau record historique à 34,04 euros avant de corriger en finale à 33,40 euros. Brunello Cucinelli s'est également bien comporté (+1,12%) porté par la promotion de "neutre" de "sous-performant" par Exane.
MORGAN STANLEY FAIT LA PROMOTION DE FCA
A noter également la performance de Fiat Chrysler +1% dans une séance négative pour l'industrie automobile française : Morgan Stanley a relevé l'objectif de cours du titre à 23 contre 22 euros, confirmant la recommandation de surpondération. Ferrari +0,2%, après le deuxième succès consécutif à Bahreïn.
SHOPPING EN FRANCE POUR ERG
Amplifon (+1%) marque un nouveau record historique. Erg (+0,2%) a acheté deux parcs éoliens en France pour 57 millions. Technogym (-3,7%) et Mondadori (-2%) perdent du terrain.
