Jamais comme dans cette période sont des idées intéressantes et des livres de lecture sur le sujet de la langue. Une langue de plus en plus modifiée à la fois par une société qui a non seulement changé les rapports entre les différentes cultures mais aussi au sein de la culture à laquelle elle appartient, se plaçant de plus en plus dans une conception de l'altérité : "Ce qui surgit s'oppose à lui-même en se distinguant et rien n'est soi sans être autre que le reste. (Marc Augé)
Ce volume « LES LANGUES DE L'AUTRE. Formes d'altérité dans le texte littéraire" (Ed. Leo S. Olschki) rassemble les rapports d'universitaires italiens et étrangers présents à l'Université de Lecce lors de la Conférence internationale organisée par le Département de philologie, linguistique et littérature en 2005. Le thème de l'altérité linguistique et littéraire est exploré à partir de différents points de vue, qui convergent dans le individuation d'une singularité du texte littéraire dont la valeur est de restructurer les formes de pensée, les relations entre cultures et champs cognitifs différents.
Si Alessandro Serpieri et Ann Lecercle, analysant certains drames shakespeariens (Hamlet, Measure for Measure, Othello), identifient l'incursion dans les zones grises qui attaquent le Logos et plongent dans l'abîme de l'indicible, Anthony Johnson capte une valeur dans le symbolisme de Yeats tout aussi troublant, qui se manifeste dans un style dont la fréquente obscurité est liée au mystère des processus cognitifs. Un philosophe du langage comme Jean-Jacques Lecercle, se référant à la pensée de Deleuze, rappelle comment le concept d'altérité est étayé par un tissu affectif qui accueille la versatilité du désir et la richesse de l'expérience onirique. L'incursion dans un autre espace et dans des univers linguistiques pas toujours reconnus comme littéraires est une valeur en soi, observe Ronald Shusterman, expert en philosophie du langage.
Ce qui est au centre des autres reportages sur différents auteurs, de Charles Kingsley à Henry James, de Pinter à Antonia Byatt, de Salman Rushdie à Hanif Kureishi en passant par Marina Warner, c'est la prise de conscience de la capacité de l'art à engendrer des formes de pensée créatrice. . Comme l'écrit Angela Locatelli, l'artiste parle "obliquement et figurativement", car il est l'expression des paradoxes qui traversent l'expérience de chaque individu et le langage qui lui donne une voix.

LES LANGUES DE L'AUTRE. Formes d'altérité dans le texte littéraire. Actes du Colloque «Les langues de l'Autre/autre» (Université de Lecce, 21-22 avril 2005)Edité par Anna Maria Piglionica, Claudia Bacile di Castiglione, Maria Serena MarchesiBibliothèque de l'«Archivum Romanicum». Série I : Histoire, Littérature, Paléographie, vol. 339
