Turin présente une grande rétrospective consacrée à Toulouse-Lautrec, l'aristocrate bohème considéré comme le plus grand créateur d'affiches et d'estampes entre les XIXe et XXe siècles.
L'exposition, sous l'égide du Ministère du Patrimoine et des Activités Culturelles et du Tourisme, est produite et organisée par les Musées royaux de Turin et le Groupe Arthemisia, est parrainée par la Ville de Turin et est organisée par Stefano Zuffi.
À travers les œuvres du musée Herakleidon d'Athènes, le parcours illustre l'art excentrique et la poétique sophistiquée non conformiste et provocatrice – parmi les plus innovantes entre les XIXe et XXe siècles – d'un des artistes les plus appréciés et admirés aujourd'hui ; une âme d'"artiste tourmentée" depuis l'enfance et pas suffisamment "reconnue", quoique imprégnée d'un très fort élan d'optimisme et de conscience de la beauté de la vie. Une beauté simple, aux contours volontairement doux et à vivre dans les moments dissolus, aux couleurs fortes et sans scrupules et sans fioritures, dans les dessins comme dans les couleurs. Personne après lui n'a été capable de rendre le visage de l'imperfection aussi "parfait". C'est son style.
On y trouve des lithographies en couleurs (comme Jane Avril, 1893), des affiches publicitaires (comme Le Passager de la cabine 54 de 1895 et Aristide Bruant dans son Cabaret de 1893), des dessins à la plume et au crayon, des graphismes promotionnels et des illustrations de journaux (comme dans La Revue blanche de 1895) qui sont devenus les emblèmes d'une époque inextricablement liée aux images de l'aristocratique vicomte Henri de Toulouse-Lautrec.
Issu d'une ancienne famille aristocratique du sud de la France, Henri, alors âgé de dix-sept ans, décide en 1881 de défier l'opposition de son père, de s'installer définitivement à Paris et de devenir peintre. Il était désormais clair qu'il ne pouvait suivre les traditions familiales, une vie de gentilhomme campagnard ou une carrière militaire : en raison d'une maladie génétique, sa croissance s'était arrêtée à un peu plus d'un mètre et demi, avec des jambes très courtes et des problèmes de le mot. Malgré ses limites physiques, Henri n'a aucun mal à s'intégrer dans l'univers libre et bohème des artistes et des spectacles : cafés-concerts et cabarets, principaux lieux de la nuit parisienne à la fin du siècle, deviennent son refuge favori et donnent les grands thèmes de son art. Entre choix courageux de sujets bruts et recherche expressive novatrice, Toulouse Lautrec s'inspire pour les protagonistes de ses oeuvres avant tout du quartier parisien de Montmartre et narre sa vie nocturne, alternant l'animation des clubs avec des moments de la vie quotidienne, toujours figés d'un effet d'une grande immédiateté.
En peu de temps il devient l'un des illustrateurs et dessinateurs les plus demandés à Paris ; des affiches publicitaires pour des représentations théâtrales, des ballets et des spectacles lui sont commandées, ainsi que des illustrations pour d'importants magazines de l'époque, comme le satirique Le Rire.
Le cirque et le Moulin Rouge, l'amour et les vedettes éphémères du cabaret, le dernier verre d'absinthe et le sourire crispé d'une starlette : l'aristocratique vicomte de Lautrec quitte les lieux à trente-sept ans, le 9 septembre 1901, sur la seuil du XNUMXème siècle. Une époque se termine avec lui.
