« Nous ne supportons plus cette nuit sans fin qu'est le macronisme. » C'est avec ce cri de guerre que les syndicats français sont en grève aujourd'hui pour protester contre un peu tout : l'instabilité politique, la crise économique, les salaires, les impôts, mais surtout pour réaffirmer, après les affrontements de la semaine dernière qui ont conduit à des centaines d'arrestations à travers le pays, l'intolérance désormais totale envers le président Emmanuel Macron, qui restera au pouvoir jusqu'en 2027, mais qui a perdu la confiance des électeurs. Selon un récent sondage, 77% des Français n'approuvent plus Macron et ses tentatives acrobatiques pour former des majorités au Parlement et au gouvernement : au cours des deux dernières années, quatre d'entre elles sont tombées, la dernière étant celle de François Bayrou qui il a publiquement démasqué les profonds problèmes financiers du pays, en supposant une manœuvre de sang, de sueur et de larmes qui était évidemment rejeté par le Parlement et l'opinion publique.
Macron, qui est un leader en Europe mais qui n'arrive plus à convaincre chez lui, tente à nouveau sa chance, cette fois avec le jeune et fidèle Sébastien Lecornu, qui dans ce contexte de très forte tension sociale s'efforce encore former un gouvernementIl devra toutefois le faire en tenant compte de l'opposition, notamment du Parti socialiste, qui avait pratiquement disparu sous le premier mandat de Macron, chutant à 5-6 %, mais qui redevient le premier parti de France, au sein d'une coalition menée par le radical Jean-Luc Mélenchon. Lecornu devra nécessairement composer avec les positions les plus à gauche, qui, selon un récent sondage Ifop, convainquent largement les Français, à commencer par le célèbre 2% d'impôt sur les actifs de plus de 100 millions d'euros (la taxe dite Zucman), qui plaît à 86 % des personnes interrogées, tandis que 79 % sont favorables à la réduction des aides publiques aux grandes entreprises, une autre pratique dans laquelle la France – et pas seulement l'Italie – est spécialisée.
En bref, le principe directeur du nouveau gouvernement doit être la justice fiscale. Déjà, lors des manifestations du 10 septembre, le slogan était axé sur l'enrichissement des millionnaires et l'exigence de sacrifices de la part de ceux qui en sont privés. Par conséquent, pour combler les fractures sociales et restaurer les finances publiques désastreuses, la faction centriste et modérée menée par Lecornu et Macron devra se résigner. La France a un besoin urgent de retrouver sa crédibilité également au niveau financier : ces dernières semaines, les marchés ont émis de nombreux signaux, depuis le spread OAT-Bund qui a augmenté presque jusqu'aux niveaux de notre BTP, jusqu'à dégradation de la notation par Fitch. Paris n'a plus été triple A depuis 2014 et se situe désormais au niveau A+, c'est-à-dire à mi-chemin entre le score le plus élevé et le extrémité inférieure de la catégorie d'investissement, où se trouve l'Italie. Entre octobre et novembre, les notations de Standard & Poor's et de Moody's seront également publiées, lesquelles devraient également abaisser la solvabilité de la dette française.
Propre L'Italie citée par Le Monde, dans un article analysant les similitudes avec l'extrême droite française. Actuellement, la dirigeante Marine Le Pen est inéligible, mais le Rassemblement national, et pas seulement les socialistes, fait également pression sur Macron, réclamant des élections anticipées ou exigeant « rigueur et sérieux budgétaires » du nouveau gouvernement, qui, selon le journal, s'inspire du modèle du gouvernement Meloni. Cependant, Le Monde maintient que derrière le modèle italien défendu par l'extrême droite française en réalité, « une dérive illibérale » est cachée, et que « le succès supposé des méthodes de Giorgia Meloni ressemble davantage à un scénario qu'à la réalité ». Dans ce contexte, Lecornu, 39 ans, achève les consultations : plus d'une semaine après sa nomination, le gouvernement n'est toujours pas formé et l'opposition menace de lui retirer sa confiance. Le jour décisif sera le lundi 22 septembre, lorsque le Parlement exprimera son avis.
