De la frénésie de nominations publiques qui attend le Gouvernement Au cours de ces mois, avec plus de 200 sièges à répartir entre de grands groupes publics, de nombreuses filiales et quelques autorités indépendantes, celui du Consob C'est la plus urgente. Mais c'est aussi la plus délicate et la moins évidente. Elle est la plus urgente car le mandat du président Paolo Savona Le mandat expire le 8 mars, et la réglementation actuelle ne permet pas au président de la Consob de rester en fonction ne serait-ce qu'un seul jour pendant plus de sept ans. Mais c'est la nomination la plus délicate, non seulement en raison de l'importance de cet arbitre du marché, mais aussi parce qu'elle intervient après une intervention énergique du gouvernement à l'occasion de…grand-père L'offre d'Unicredit sur Banco BPM et celle de Monte dei Paschi sur Mediobanca sont deux interventions inappropriées et malavisées qui ont transformé l'État, d'arbitre en acteur, et modifié les règles du marché. C'est pourquoi la nomination du prochain président de la Consob revêt une importance accrue, même si la situation politique actuelle laisse penser que la composition du Conseil des ministres, qui doit être ratifiée par le président de la République, interviendra vraisemblablement après le référendum, avec le membre le plus ancien du Conseil, en l'occurrence le talentueux économiste de Bocconi. Claire MoscouCe ne serait pas la première fois qu'une régence intérimaire est mise en place.
Ces derniers mois, il semblait que la nomination de Federico Freni, sous-secrétaire de la Ligue au ministère de l'Économie et des Finances (MEF), d'abord dans le gouvernement Draghi puis dans le gouvernement actuel, également apprécié du Premier ministre Giorgia Meloni. Forza Italia s'est alors opposée à cette nomination, arguant qu'il était inapproprié de confier la direction d'une institution indépendante comme la Consob à un homme politique, ou plutôt à un haut fonctionnaire. La Consob est, par la loi, indépendante et doit être perçue comme telle. Elle a déjà été dirigée par des personnalités du calibre de Guido Rossi et Luigi Spaventa. Aujourd'hui, la partie n'est pas encore jouée, mais la candidature de Freni semble perdre du terrain, et il serait judicieux de l'écarter.
Il y a au moins trois raisons pour lesquelles la candidature de Freni est inappropriée. Ce n'est pas son expertise technique – il est avocat et professeur de droit administratif – qui est en cause, mais son indépendance. Non seulement il serait difficile de garantir l'indépendance de la Consob avec un président issu directement du gouvernement, mais certains rappellent le précédent de Giuseppe Vegas, devenu président de la Consob après avoir été sous-secrétaire d'État au Trésor sous Giulio Tremonti, alors ministre. Or, ce n'est pas un précédent à suivre. L'erreur est humaine, certes, mais persister à nommer un homme politique, et a fortiori un membre du gouvernement, serait une aberration.
Mais deux autres raisons militent contre la nomination de Freni à la Consob et inquiètent déjà le marché et la communauté financière. Il suffit de constater les difficultés que rencontrent actuellement les banques – notamment Banco BPM et MPS – pour établir les listes de renouvellement des cadres dirigeants. Ces difficultés découlent du caractère controversé et contradictoire de… Projet de loi de capital, dont Freni était le directeur incontesté, et qui visait à moderniser la Loi consolidée sur les finances (TUF) conçue un quart de siècle auparavant par Mario Draghi, alors directeur général du Trésor. Il est clair que certaines règles nécessitaient une mise à jour, mais Freni l'a fait en favorisant ses amis au sein du gouvernement, notamment Giuseppe Francesco Caltagirone qui ambitionnait déjà de renverser l'équilibre des pouvoirs chez Mediobanca et Generali et qui a toujours considéré la composition du conseil d'administration comme une épine dans son pied, car elle donnait plus de pouvoir aux dirigeants qu'aux actionnaires. Caltagirone avec députés Il a conquis le bastion de Mediobanca et espère gagner en influence chez Generali, mais le désordre est tel que les règles lourdes et contradictoires relatives aux listes de sociétés pour le renouvellement des conseils d'administration, prévues par la loi sur le capital, restent en vigueur.
Il existe donc une troisième raison qui ne plaide certainement pas en faveur de l'indépendance de Freni, et c'est celle qui a irrité les marchés financiers lors des récentes OPA bancaires, au cours desquelles le sous-secrétaire n'a pas caché son intransigeance quant à l'utilisation du pouvoir discrétionnaire de Freni. Unicredit Malgré les positions divergentes des autorités européennes, et surtout depuis qu'il n'a pas caché son soutien à l'offre de rachat de Mediobanca par Monte dei Paschi, si un arbitre, comme devrait l'être le gouvernement sur le marché, devient acteur, il est fort improbable qu'un simple changement de camp suffise à restaurer l'indépendance du sous-secrétaire Freni.
